Retombées du 12 février : « Un petit vent d’optimisme » pour la danse... et la culture
Alors que des voix s’élèvent pour dénoncer le manque de financement dans la culture québécoise, le diffuseur spécialisé en danse contemporaine La Rotonde rapporte d’importants bénéfices tirés du récent mouvement « Le 12 août, j’achète un billet pour une sortie culturelle québécoise ». Née sur les réseaux sociaux sous l’impulsion de la réalisatrice Myriam Verreault, l’initiative, inspirée de son alter ego littéraire du mois d’août, en était à sa toute première édition le 12 février dernier. Durant la période du 11 au 15 février, au pic de l’engouement, La Rotonde affirme avoir connu une hausse marquée de ses ventes de billets : 335 % comparativement à la même période l’année précédente. Mieux encore, cette augmentation fait fi des autres ventes réalisées par ses différents partenaires, en plus d’avoir été enregistrée sans promotion ou réduction de prix. Un véritable coup de maître, selon la responsable des communications de La Rotonde, Laurence Bégin. C’est vraiment énorme. La période de janvier et février est habituellement très creuse pour la vente de billets. C’est sûr que ça a [fait naître] un élan. Sans pour autant résoudre la crise financière qui frappe le monde de la culture, il s’agit en quelque sorte d’une tape dans le dos appréciée par ses artisans. Signe du succès inespéré de cette récente période, le prochain spectacle présenté par La Rotonde, Élégie II, de la compagnie de danse de Québec D'Eux, aura lieu dans une salle Multi de Méduse remplie à pleine capacité, et ce, lors de ses deux représentations, les 6 et 7 mars prochains. La Rotonde confie avoir vendu 14 % des billets d’Élégie II lors de la journée du 12 février dernier seulement, tandis que 21 % des billets ont trouvé preneur lors de l’ensemble de la semaine. Elle n’avait pas vendu un seul billet le 12 février 2024, un an plus tôt. Selon des chiffres recensés par l’outil d’intelligence d’affaires Turbine, ces ventes fructueuses se sont aussi produites dans d’autres disciplines culturelles comme l’humour, le théâtre et la musique. La danse serait néanmoins celle avec l’amélioration la plus marquée alors que 10 fois plus de billets auraient été achetés le 12 février dernier qu’à pareille date en 2024. Élégie II réunira en mars quatre interprètes en danse et trois membres de l'orchestre de chambre Les Violons du Roy. Le film Élégie, d’Annie Gagnon, sorti en 2021, trouvera ainsi une continuité sur scène. L'œuvre Élégie II aborde la violence sous ses différentes formes. (Photo prise en répétition) Photo : Llamaryon/Marion Desjardins Si le film était Le spectacle abordera différents types de violences. Celles qui s'expriment dans les sociétés, ou encore dans la sphère de la vie privée. Comme la violence conjugale. Qu'est-ce que la violence laisse comme traces chez les individus et dans les sociétés. Violon, alto et violoncelle apporteront leur intensité à une trame musicale qui mélange le classique et l'électronique. Ce n'est pas d'hier qu'Annie Gagnon s'intéresse aux effets de la violence. Je pense qu'aujourd'hui, avec le contexte actuel, on le voit de façon infinie. C'est comme si c'était des cycles qui reviennent constamment. [...] On va voir aussi des violences de l'ordre de la guerre. Les dérives du pouvoir. Avec des informations de Valérie Cloutier et la collaboration de François PouliotÇa offre un petit vent d’optimisme et de fraîcheur dans la période plus difficile que vit la culture
, ajoute Mme Bégin.Le spectacle Élégie II à pleine capacité
De l’écran à la scène
Si on se replace dans le contexte, les théâtres étaient tous fermés
, rappelle Mme Gagnon, qui est aussi directrice artistique et chorégraphe pour la compagnie de danse D’Eux. « Je suis partie grosso modo de la même équipe. Et de ce long métrage-là qu'on a dû faire en temps de pandémie a émergé l'idée d'Élégie II. »
doux, contemplatif
, Annie Gagnon soutient qu’« avec Élégie II, on s'en va vers quelque chose où les gens vont être tenus en haleine sur le bout de leur chaise. On va parler de violence. »Les cordes, ils sont très présents dans les tableaux un peu plus émotifs
, signale Mme Gagnon. Ils viennent aussi appuyer les moments d'intensité avec des cadences très claires.
J'ai fait une maîtrise en anthropologie. J'ai même commencé un doctorat
, dit-elle. Et ce qui m'intéressait, c'était justement de voir comment, parfois, une violence s'installait au niveau des institutions et comment ça percolait au niveau des individus.
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